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...où aucune n'est restée debout !

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De l’Île de Beauté à l’Île de France

Rapport d’activité 2004-2006 présenté par Jacques Maurice

 

Deux ans après AJACCIO, nous nous retrouvons dans ce lieu symbolique, la Maison de la Chimie – qui a déjà accueilli notre congrès national, notamment en 1951 – pour fêter dignement les soixante dix ans de notre fédération.

 

A une semaine près donc, nous pouvons souffler 70 bougies et revenir aux sources de la création de la FGR.

Pour cette occasion nous avons réalisé un numéro spécial du Courrier du Retraité, retraçant les 7 décennies d’action de la FGR-FP.

Dans le cadre de ce rapport introductif à nos travaux contentons nous de résumer le pourquoi de la création de la FGR - pourquoi les fonctionnaires retraités de l’époque ont jugé utile de se regrouper et d’agir ensemble.

Vous n’ignorez pas que le droit syndical, chez les fonctionnaires, ne date que de 1946. Avant, il fallait ruser, s’imposer et les sanctions tombaient selon le gouvernement en place. C’est pourquoi se sont créées de nombreuses amicales professionnelles mais le mouvement amicaliste était loin d’être uni. Cependant un sujet les rassemblait : la reconnaissance du droit syndical.

Dès la fin de la première guerre mondiale les revendications des fonctionnaires réapparaissent : revalorisation des traitements, refonte du régime des retraites, réforme administrative, droit syndical.

Dans les années 20, en l’absence d’un système d’adaptation des rémunérations à l’évolution du coût de la vie, la lutte est annuelle pour exiger l’inscription de crédits complémentaires à chaque budget. Déjà la droite au Parlement dénonce les fonctionnaires « budgétivores ».

Du côté des pensionnés le régime était toujours celui de la loi organique de 1853.

Une nouvelle réglementation est adoptée en 1924, elle durera jusqu’en 1948. A l’époque c’est une avancée considérable. Le principe de la péréquation est inscrit dans la loi.

Mais cette inscription va demeurer longtemps sans effet. C’est d’ailleurs ce qui va conduire les retraités à se regrouper pour intervenir auprès du gouvernement… et des organisations d’actifs.

1927 : 54 associations de retraités civiles et militaires sont rassemblées à Bourges, venant de 49 départements. Quelques mois plus tard, se constitue « l’Entente générale des retraités civils et militaires de France et des colonies ».

Les lois de finances successives alternent le chaud et le froid et plusieurs agressions provoquent des manifestations à l’initiative du cartel des services publics CGT.

Nous sommes alors en pleine effervescence politique, prélude à l’arrivée du front populaire lors des législatives de mai 1936. Mais dès le mois de mars 1936, une militante du SNI, Marthe Pichorel lance un vibrant appel aux retraités de l’enseignement primaire.

Elle présente d’abord les résultats obtenus – en cette fin de législature – grâce aux efforts inlassables du Cartel des services publics et de la Fédération des fonctionnaires :

Mais elle ajoute aussitôt que ces résultats sont insuffisants, qu’il faut continuer la lutte jusqu’au retour aux dispositions de la loi du 14 avril 1924, dénaturée par plusieurs décrets. L’acte de naissance de la FGR est proche.

Marthe Pichorel la souhaite en ces termes :

« C’est pour que les fonctionnaires retraités puissent prendre une part réelle et active à cette lutte, c’est pour qu’ils secondent efficacement les efforts de nos camarades en activité de service que beaucoup d’entre nous ont jugé nécessaire, d’accord en cela avec la Fédération générale des fonctionnaires, de constituer une fédération générale des retraités.

Le Congrès constitutif a lieu le 20 juin 1936.

La déclaration à la Préfecture de la Seine interviendra le 22 juillet. Le journal officiel du 2 août entérinera la création de la FGR.

Marthe Pichorel fondatrice de la FGR-FP en 1936Marthe Pichorel en sera tout naturellement la première secrétaire générale et dès 1938 la FGR enregistre l’existence de 65 sections départementales.

Il est également important de signaler que notre fédération a été la seule organisation de retraités à être interdite par le gouvernement à Vichy.

Elle a cependant poursuivi son activité, de façon clandestine, en s’étant transformée en office d’information et de documentation pour les retraites.

La FGR est officiellement reconstituée le 5 septembre 1944 et Lucien Boulanger succède à Marthe Pichorel qui doit interrompre ses activités pour raisons de santé.

Voici pour le contexte de la création.Venons en à celui de son soixante dixième anniversaire et aux deux années d’activité qui motivent le débat d’aujourd’hui.

2004/2006, c’est moitié Raffarin, moitié Villepin.

Successivement nous avons connu, depuis notre Congrès d’Ajaccio en 2004,

En somme, deux ans d’une splendide course de haies où aucune n’est restée debout.

Pendant le même temps ceux qui aspirent à l’alternance sont tellement nombreux à vouloir faire la course en tête qu’il y a une sévère bousculade, avec aujourd’hui un léger avantage à une candidature féminine, mais sans que l’on sache vraiment si les prétendants seront capables de s’entendre sur quelques idées simples à faire partager aux électeurs pour dégager une majorité.

Car il faudra bien en passer par là, sous peine de retrouver le scénario d’avril 2002. D’ailleurs à droite aussi c’est le trop plein pour aspirer à la charge suprême. Tout cela sur fond de sondages qui répètent à chaque fois qu’un bon tiers des Français sont « sans opinion ». N’est-ce pas cela le plus inquiétant ?

On peut faire les mêmes remarques si on parle de l’Europe pour constater qu’un an après les choix Français et Néerlandais on n’a pas beaucoup avancé, c’est le moins que l’on puisse dire. Sauf peut-être à propos de la directive sur les services, sérieusement amendée par le Parlement puis par la Commission.

Mais ne faut-il pas se méfier lorsque l’on connaît les idéaux partagés par les commissaires qui siègent à Bruxelles.

L’Europe est en panne sur de nombreux sujets.

Il parait qu’on attend le résultat des élections en France. Nous aussi d’ailleurs et le concept d’année utile doit nous interroger.

En effet, avec le quinquennat, de combien de temps dispose un gouvernement pour agir réellement lorsque l’on sait qu’environ 16 mois avant l’échéance il est tenté de s’en tenir à la gestion des affaires courantes pour éviter de s’exposer ou de dévoiler ses projets.

Pendant ce temps le capitalisme mondialisé continue son œuvre de restructurations, de délocalisations, de rémunération de ses actionnaires et de ses dirigeants dans des proportions qui dépassent l’entendement.

Et pour revenir à notre hexagone on continue, malgré un léger frémissement, à enregistrer un nombre de chômeurs inacceptable, surtout chez les jeunes, à dénombrer trop de titulaires du RMI, trop de travailleurs à temps partiel non désiré, trop de citoyens en situation de précarité, avec un retour de celle-ci chez les personnes âgées.

Ces deux années resteront marquées incontestablement par un recul des droits des travailleurs, par un incessant transfert de charges sur les salariés, les assurés, les contribuables chaque citoyen pouvant être les trois à la fois, ce qui n’arrange rien.

Ces quelques éléments conjoncturels situent l’action, des organisations de retraités dont celle de la FGR-FP.

Le rapport d’activité écrit a été publié en janvier, il est nécessaire de l’actualiser avec les évènements qui se sont produits jusqu’à aujourd’hui.

Comment ne pas mettre en avant la crise du CPE

et la participation solidaire de nombreux retraités aux manifestations hebdomadaires entre février et avril. Depuis la réunion inter UCR du 31 janvier nous n’avons cessé d’appeler, ensemble, nos adhérents à participer à cette aventure pour dénoncer la légalisation de la précarité.
Les médias ont largement relayé la participation intergénérationnelle à cette action.La victoire a été totale mais il convient de l’analyser avec lucidité. Elle est d’abord due à la jeunesse scolarisée. Sans elle, rien n’aurait pu aboutir.

Autre réalité, le cadre intersyndical, unissant 12 organisations syndicales de jeunes et de salariés,

s’est maintenu jusqu’au bout. Mais cette unité, constatons-le, n’aura pas survécu 15 jours au mouvement. Le problème de fond, celui de l’emploi des jeunes, n’a pas avancé d’un pouce. Cela dit nous n’avons pas à regretter la participation des retraités, au contraire.

Un second évènement nous préoccupe. Les attaques répétées contre les fonctionnaires

en général et les services publics en particulier, à travers le débat sur la dette publique de la France. Celle-ci est importante, c’est incontestable.

De là à en faire supporter le poids aux agents de l’Etat, nous ne pouvons l’accepter. D’autant que les fermetures successives d’emplois ou de services handicapent sérieusement le milieu rural comme le milieu urbain qui en manque cruellement, dans certains quartiers.

C’est pourquoi nous avons publié un dossier sur le sujet montrant les actions engagées par les collectifs de défense auxquels certains de nos adhérents participent.

N’oublions pas non plus un sujet qui tient à cœur de beaucoup d’adhérents : la laïcité.

Actuellement le CNAL mène un combat difficile sur le financement des écoles privées.

Il n’accepte pas un article de la loi de décentralisation rendant obligatoire la participation des communes aux frais de scolarité d’enfants dont les parents choisissent une école privée hors de leur collectivité de résidence.

Un recours devant le conseil d’Etat a été déposé. Les parlementaires et l’association des maires de France sont sensibilisés. Evidemment l’enseignement catholique fait pression dans l’autre sens. Un siècle après la loi de séparation de l’église et de l’Etat la laïcité demeure un combat et sur cette question c’est un peu comme si les contribuables de Nanterre devaient payer pour ceux de Neuilly.

Revenons à présent au plan du rapport écrit

Sur l’assurance maladie

les assurés ont eu rapidement confirmation des transferts de charge annoncés car, depuis janvier ils ont dû payer les forfaits d’1€ stockés en 2005 par les systèmes informatiques en cas de tiers payant, ils ont fait les frais de la réduction de 10% des remboursements hors parcours de soins, des déremboursements de médicaments, des contrôles des ALD, et ils s’apprêtent à payer 1€ de plus à leur généraliste.

Ce qui ne règle rien puisque les élections professionnelles chez les médecins ont provoqué une mise en minorité des organisations qui avaient signé les accords conventionnels.

Il faut donc s’attendre à de nouveaux avatars, sur fond d’alerte aux risques de dérapage des dépenses d’assurance maladie par le comité mis en place par la réforme.

Pour les plus modestes des assurés sociaux – en particulier les basses pensions ou les reversions – la note est salée, la réforme est parfois incompréhensible mais personne ne daigne entendre ce que disent les organisations de retraités.

Quant aux experts qui ont planché, à la demande de Jacques Chirac, sur un financement rénové de la protection sociale ils ont rendu un rapport plutôt négatif.

Selon leurs calculs une cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises créerait peu d’emplois, risquerait d’être incompatible avec la réglementation européenne et pénaliserait l’investissement des entreprises.

Il nous faudra attendre une contre expertise et choisir une formule adéquate dans notre motion revendicative.

Sur cette question, le Président de la République, présent comme d’habitude au Congrès de la Mutualité, en a profité pour relancer le débat. Deux citations :

« dans une économie ouverte où la concurrence est exacerbée, une assiette de cotisations patronales qui pèse seulement sur les salaires n’est pas favorable à l’emploi… Je sais que c’est complexe. Le temps est maintenant à la concertation. »

La seconde citation est une réponse à la proposition du PS de fondre la CSG et l’impôt sur le revenu.

« Faire cotiser les Français plus que proportionnellement à partir d’un certain niveau de revenus est une idée, ne vous y trompez pas, dangereuse dans ses conséquences.

Si trop de nos concitoyens estiment qu’ils doivent cotiser au-delà de ce qui est juste, de leur point de vue, c’est tout l’édifice qui peut s’écrouler ».

Jacques Chirac a également profité de la tribune pour annoncer, sur le sujet sensible de la participation de l’Etat employeur à la couverture complémentaire de ses agents :

« Je suis attentif à ce que l’Etat employeur continue à garantir, y compris sur le plan législatif, la protection complémentaire de tous les fonctionnaires, actifs ou retraités, à travers un système solidaire ».

Sur le pouvoir d’achat nous constaterons le silence gêné du ministère de la Fonction publique sur l’argumentation du pôle des retraités relative au calcul du minimum de pension. Il en est de même sur la nécessité de revaloriser les pensions et sur le mécanisme de calcul de la revalorisation annuelle. Notre contestation n’a pas abouti, sinon à des explications vaseuses sur l’utilité de raisonner en moyenne annuelle. Et malgré l’extension de cette revendication à l’ensemble des retraités, nous nous heurtons, le pôle comme les UCR, à un mur de refus de discussion. Pourtant notre démonstration sur la différence entre l’inflation perçue par les retraités et celle mesurée par l’INSEE avait sensibilisé les parlementaires que nous avons rencontrés.

Cela dit cette question concerne aussi les actifs et ceux-ci sont encore plus maltraités, malgré les actions entreprises. Ainsi nous entrons dans un décompte qui devient complexe : le retard accumulé par les fonctionnaires actifs et retraités avant l’application de la réforme Fillon et, depuis 2004 l’écart qui se creuse entre actifs et retraités. Comme l’écrivait Marthe Pichorel en mars 1936 « le machiavélique principe : « diviser pour régner », est toujours en honneur auprès de ceux qui souhaiteraient profiter de nos dissensions pour réduire encore la situation des serviteurs de l’Etat, anciens et actuels ».

Comme quoi l’histoire se répète.

Mais nous pouvons ajouter qu’en matière de pouvoir d’achat actifs et retraités

ne sont pas dupes des dépenses supplémentaires qu’ils subissent, comparées aux dividendes distribués aux actionnaires des entreprises du CAC 40 ou aux montants annuels des rémunérations des dirigeants des grandes entreprises. Ils risquent de s’en souvenir un jour si aucune mesure n’est prise.

Le dossier retraites

Actuellement il ne fait pas recette, avouons-le. Cependant, au fil des semaines, nous accumulons les preuves de la justesse des analyses des organisations syndicales qui sont restées jusqu’au bout dans la bataille de 2003. Les pénalités s’accroissent pour tous ceux qui partent et ceux qui font leurs calculs à quelques années de leur départ constatent amèrement la nocivité des textes en vigueur.

Parallèlement le COR poursuit ses travaux et en rajoute sur les projections financières pour le moins alarmistes. Selon lui la réforme de 2003 ne financerait que la moitié du déficit calculé pour 2020 et le quart de celui de 2050 !

L’horizon semble donc bien sombre surtout lorsqu’on observe les décisions prises dans d’autres pays d’Europe, toutes orientées vers un recul de l’âge de départ en retraite.

Une faible lueur traverse les nuages et concerne de nombreux adhérents de notre fédération.

L’assimilation

préservée dans la loi de 2003 pour les enseignants. Elle est en marche dans les cabinets ministériels, grâce à l’action des organisations syndicales signataires des accords de 1998, mais le chemin sera long avant la concrétisation et, sur cette question aussi, l’histoire se répète.

En 2007, il restera encore trop d’instituteurs en activité pour que l’administration accepte de publier un décret d’assimilation.

3 raisons à cela :

Pour les PEGC ce sont les recteurs qui bloquent certaines intégrations à la hors classe, empêchant l’assimilation. D’autre part c’est administrativement et juridiquement compliqué car les corps sont académiques.

Sachez que nous suivons attentivement ce dossier avec les syndicats concernés.

D’autres questions se posent sur les retraites, comme la réversion dans le régime général, comme la revalorisation des retraites complémentaires comme les mécanismes de calcul de la retraite des handicapés. Elles sont générales et nous les traitons dans le cadre de nos actions collectives, soit au sein du pôle des retraités, soit avec les UCR.

Quant au problème de fond, celui d’une nouvelle loi, il reste posé aujourd’hui.

Nous sommes prêts à participer à toute table ronde organisée sur le sujet. Mais peut-être nos invités des fédérations de fonctionnaires nous diront ce qu’ils envisagent dans les mois qui viennent. Pour notre part, nous devrons populariser notre motion revendicative auprès des pouvoirs publics et des candidats aux élections de 2007.

Les autres aspects de la protection sociale

Les questions sont nombreuses. Résumons les évènements récents.

Concernant la protection sociale complémentaire des fonctionnaires nous avons soutenu et relayé l’action commune de la MFP et des cinq organisations syndicales majoritaires de la FP qui ont élaboré un projet ambitieux et solidaire. Laissons Maurice Duranton nous informer des derniers développements sur cette question.

Les nouveaux textes sur les services à la personne ont été publiés. Pour le ministre concerné c’est un gisement potentiel d’emplois à créer. La réalité n’est pas si simple si la formation ne suit pas, si les conditions de travail ne s’améliorent pas et si, surtout, les moyens financiers manquent aux personnes en perte d’autonomie pour se faire aider. Il nous faudra encore quelques mois, avec l’expertise de nos sections départementales pour mesurer l’effet de ces nouveautés.

Le travail au sein du CNRPA. Ces deux années auront été fructueuses et nous pouvons remercier nos deux représentants, Jean Tanniou et Christiane Journeau de leur participation active aux travaux du comité. Le renouvellement de cette instance est en route, avec un fonctionnement rénové par un nouveau décret. Ce texte est insuffisant à nos yeux et nous avons déploré l’absence de transparence dans la préparation du texte. Comme sur tous les autres sujets la lettre que nous avons adressée au Ministre est restée sans réponse et le décret vient d’être publié sans modification. C’est très regrettable mais nos futurs représentants devront s’en accommoder. Il s’agira de Christiane Journeau comme titulaire et de Bernard Bassot comme suppléant, Jean Tanniou ayant décidé de passer la main.

Qui dit CNRPA dit CODERPA et toutes les sections pourraient nous conter leur anecdote sur la mise en place de leur Coderpa à la sauce Conseil général. Ce ne serait pas forcément savoureux. Disons que l’hétérogénéité est totale, que souvent les services des CG ont le pouvoir et que les avis des représentants des organisations de retraités risquent d’être très peu pris en compte.

Le Plan solidarité grand âge

Rendu public le 26 mai par le Premier ministre lui-même ce plan est censé prendre la suite du plan vieillissement concocté par JP Raffarin à la suite de la canicule de 2003. Il s’étalerait de 2007 à 2012…..et il fait l’impasse sur les échéances électorales de 2007. C’est tout le problème et nous retrouvons le paradoxe déjà évoqué. Peut-on accorder crédit à des annonces débordant la législature actuelle. Mais d’un autre côté il faut aller vite car la réalité du vieillissement de la population pousse à investir dans ce secteur.

Les propositions gouvernementales sont intéressantes. Mais qui peut nous assurer qu’elles seront pérennisées ? D’autre part elles sont notoirement insuffisantes, tous les professionnels l’ont souligné.

Enfin le ministre se moque de nous lorsqu’il déclare que son plan a été élaboré en concertation « avec les responsables associatifs compétents ». Comme nous n’avons jamais été sollicités nous en concluons que nous sommes incompétents.

Le même jour le Premier ministre a osé déclarer « en invitant les Français et les Françaises à travailler un jour de plus chaque année…. » Là encore c’est de la provocation lorsque l’on sait que la mesure ne concerne que 40% des actifs et lorsqu’on voit, pour la seconde année consécutive, la pagaille du lundi de Pentecôte.

Arrêtons ce simulacre de solidarité intergénérationnelle qui ne peut que conduire à des oppositions entre actifs ou entre actifs et retraités.

La fiscalité

Nous avons poursuivi, dans le Courrier du retraité, notre travail d’information sur la réforme fiscale envisagée, sur l’inégalité des uns et des autres face à la dette publique et sur la déclaration de revenus. Celle-ci nous a été envoyée pré remplie. Il parait que c’est moderne, comme la déclaration sur internet. Tout d’abord elle va entraîner de nombreux contentieux. Ensuite elle va insidieusement déresponsabiliser le contribuable le préparant psychologiquement à la retenue à la source à laquelle nous restons fermement opposés. L’impôt doit être présenté comme une participation des citoyens à la vie collective et non comme une contrainte d’un autre âge.

Il me reste un chapitre avant la conclusion

La vie interne de la Fédération

Le rapport écrit l’évoque très brièvement signalant la formation des militants, les réunions statutaires et la confection du Courrier du Retraité. Complétons par un descriptif de notre activité commune, depuis janvier.

D’abord la commission exécutive nationale qui a appelé nos adhérents à participer

Puis tout s’est très vite enchaîné avec nos appels successifs aux actions de solidarité à propos du CPE jusqu’aux manifestations de jeudi dernier dans le cadre de la FERPA. Vos témoignages, à travers les coupures de presse, ont montré une participation active des sections, ce qui est très encourageant et nous l’avons souligné dans le Courrier du Retraité pour lequel nous avons eu quelques craintes, début 2006, à propos de notre numéro de CPPAP.

Tout est provisoirement rentré dans l’ordre, pour un an, mais nous aurons l’occasion de dénoncer ces attaques contre les publications associatives lors de la prochaine AG du syndicat de la presse sociale auquel nous adhérons.

La vie quotidienne c’est aussi diverses rencontres bilatérales avec la FSU, l’UNSA Educ, le SE, la MFP, la FGR-CF, le SNPDEN, le SNES ou la participation aux réunions de retraités, assemblées générales ou congrès au SNUI, au SNPDEN ou chez nos partenaires du pôle des retraités.

Concernant le pôle notons deux réunions communes en janvier et en avril ainsi qu’une audience au ministère des P.A.

Avec les UCR ce sont quatre réunions successives en janvier, mars, mai et la semaine dernière avec des communiqués de presse unitaires sur la bataille du CPE ou sur les problèmes propres aux retraités avec les relais indispensables sur le terrain grâce aux militants de nos sections. Dans la discussion vous ne manquerez pas de signaler l’action du 8 juin qui a concerné au moins la moitié des départements et pour laquelle la presse annonce plusieurs milliers de participants.

N’oublions pas non plus les assemblées générales des adhérents animées soit par les membres du bureau national (59), soit par les délégués régionaux ou les secrétaires départementaux. Ces rendez-vous sont toujours très importants et nous avons totalisé – sur 75 départements recensés – la participation de plus de 3000 adhérents.

Enfin nous avons commencé un travail de sensibilisation des élus qui aspirent à revenir au pouvoir en rencontrant Paulette Guinchard pour lui exposer notre vision des problèmes rencontrés par les retraités et personnes âgées.

Ce premier rendez-vous en appellera d’autres dans les mois qui viennent si l’on veut faire pression sur le pouvoir en place ou convaincre les candidats de la nécessité de prendre en compte les revendications essentielles qui sortiront des travaux de notre congrès.

En conclusion de cette introduction au débat sur l’activité de la FGR-FP, plusieurs remarques :

• on pourrait disserter bien plus longtemps sur les choix économiques planétaires qui ont évidemment des conséquences sur notre vie quotidienne, avec plus ou moins de retard

• vous trouverez sans doute que des éléments de notre action ont été oubliés ou peu valorisés, signalez le dans vos interventions

• les actions de la semaine dernière sont trop récentes pour que le siège national puisse en faire une synthèse, profitez de cette tribune pour les commenter.

Nous allons laisser la parole à nos invités qui vont utilement compléter le tour d’horizon de l’actualité à laquelle nous sommes confrontés.

Auparavant permettez-moi d’insister sur ce que nous considérons comme le fait majeur de ces deux années :

- l’absence de dialogue social dans notre pays.

Quel gâchis ! Quel temps perdu pour revenir au point de départ !

C’est ce que nous écrivions dans le dernier éditorial du Courrier du Retraité à propos de la bataille du CPE.

Nous pouvons faire la même observation pour les questions que posent les retraités et personnes âgées.

Les demandes d’audience restent sans réponse, les contacts avec les groupes parlementaires sont sporadiques et décevants, vous faites d’ailleurs les mêmes observations lorsque vous nous rendez compte des actions locales.

Le pouvoir considère que ses experts professionnels détiennent la vérité, qu’il peut légiférer sans se soucier de l’avis des citoyens.

Et après il s’étonne de les retrouver dans la rue ou de constater leur absence dans les bureaux de vote ou de les voir se rapprocher des extrêmes.

Nous ne sommes pas les seuls à exprimer ces craintes et nous pouvons ajouter qu’elles peuvent être formulées quel que soit le pouvoir en place.

Globalement les organisations de retraités et de personnes âgées sont face à un mur d’incompréhension, face à des interlocuteurs qui ont des problèmes d’audition.

Et pourtant, durant ces deux années, nous aurons été unis sur toutes les questions essentielles.

Que ce soit au sein du pôle des retraités ou avec les organisations syndicales.

Nous devrons poursuivre ce travail commun, entre retraités mais aussi entre actifs et retraités en espérant que la prochaine période électorale sera propice à une écoute plus attentive.

 

Mais surtout nous pensons qu’il faut maintenir à tout prix cette unité d’action.

 

C’est pourquoi je conclurai vraiment en revenant aux sources de la création de la FGR en citant une autre phrase de l’appel de Marthe Pichorel aux retraités, en mars 1936 :

" La Fédération des Retraités sera le centre attractif où les plus âgés poursuivront, en liaison avec les plus jeunes, la marche vers un même idéal de justice et de paix."


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