
Mise à jour : juillet 2008
Les pensions de réversion en Europe
Le rapport du Sénat (MECSS - 22 mai 2007) sur la pension de réversion

La réversion est le dispositif par lequel le conjoint survivant perçoit, au décès d'un salarié, une fraction de sa pension de retraite.
Après le décès d’un pensionné (du secteur public ou du secteur privé), la veuve ou le veuf, un ancien conjoint, les enfants peuvent sous certaines conditions bénéficier d’une pension de réversion.
Les conditions d’attribution varient selon les régimes de retraite mais tous exigent une demande expresse du conjoint survivant.Le dernier Congrès de la FGR-FP, à Nancy, en juin 2008, a adopté une motion condamnant par avance l'instauration d'une condition d’âge et de ressources pour la pension de réversion des fonctionnaires.
DANS LE SECTEUR PUBLIC
Une seule pension est versée, une seule pension de réversion est possible.
• Le conjoint survivant a droit à une pension de réversion quels que soient son âge et ses ressources.
Le droit est reconnu sous certaines conditions relatives au mariage.
La pension de réversion est égale à 50% de celle obtenue par le conjoint décédé.DANS LE SECTEUR PRIVE
Deux pensions sont versées, deux pensions de réversion sont possibles, l’une versée par le régime général, l’autre versée par un régime complémentaire.
1- Le régime général
• Le bénéficiaire de la pension de réversion doit être âgé d’au moins 51 ans pour les pensions prenant effet avant le 1er juillet 2009.
• Le droit est reconnu sans condition de durée de mariage.
• Les ressources annuelles du conjoint survivant ne doivent pas être supérieures à 2080 fois le SMIC horaire (soit 1462,93 € par mois au 01/01/2008).
Dans le cas contraire, le montant de la pension est réduit à hauteur du dépassement.
• La pension de réversion est égale à 54% de la pension que percevait ou aurait pu percevoir le conjoint décédé.2- Les régimes complémentaires
• La pension de réversion est versée au veuf ou à la veuve d’un salarié cadre ou non cadre qui bénéficiait ou aurait bénéficié d’une retraite complémentaire.
La pension de réversion est supprimée en cas de remariage.
• Une condition d’âge est exigée :
55 ans dans le régime AARCO (les salariés non cadres)
60 ans (55ans si le bénéficiaire perçoit une pension de retraite du régime général) dans le régime AGIRC (les salariés cadres)
• La pension de réversion est égale à 60% des droits du conjoint décédé.
Les mesures envisagées :
Ajouter peu à quelques uns et retirer l' indispensable à beaucoup d’autres ?
Le rendez-vous 2008 sur les retraites a permis d'en savoir un peu plus sur les mesures envisagées. Pour l'instant la perspective est décevante, notamment pour la fonction publique.
Il est prévu que :
• Le taux de réversion pour le régime général et les régimes alignés sera augmenté en trois étapes :
56 % au 1er janvier 2009, 58 % au 1er janvier 2010 et 60 % au 1er janvier 2011
• En lien avec les dispositions applicables dans les régimes complémentaires, un âge minimum sera rétabli pour l’ouverture du droit à une pension de réversion.
• Pour les autres régimes de retraite, l’augmentation du taux de réversion pourra être envisagée en prenant en compte les ressources et l’âge des conjoints survivants, dans une approche similaire au régime général.
COMMENTAIRES :
Dans les régimes de la Fonction publique, l’augmentation du taux de réversion s’accompagnerait de la mise en place d’une condition d’âge et de ressources
• Quelle serait la condition d’âge ? 55 ans, 60 ans ?
• La condition de ressources
En cas « d’approche similaire au régime général » les ressources personnelles du conjoint survivant ne devraient pas dépasser un plafond (1462,93 € par mois au 01/01/2008).
Si la pension de réversion ajoutée aux ressources personnelles dépassait ce plafond la pension serait réduite à hauteur du dépassement.
Tous les fonctionnaires qui perçoivent une pension supérieure à 1462,93 € par mois perdraient leur droit à pension de réversion.
Dans le secteur privé, la pension de réversion par les régimes complémentaires est versée quel que soit le montant de la pension propre du conjoint survivant.
Il y a donc une assurance de ressources complémentaires pour faire face aux conséquences du décès d’un des membres du couple, assurance qui n’existerait pas dans les régimes de la fonction publique à cause de l’absence de retraite complémentaire.
L’augmentation du taux de la réversion assortie d’une condition d’âge et de ressources serait une régression majeure pour les fonctionnaires.
Si l’augmentation du taux de la réversion dans la Fonction publique est une des revendications constantes de la FGR-FP, elle ne peut se faire – en raison de l’ unicité de la pension du fonctionnaire – au détriment des conditions actuelles de versement. Cela reviendrait à ajouter peu à quelques uns et retirer des ressources indispensables à beaucoup d’autres.
Un rapport du Sénat préparé par sa "mission d’évaluation et de contrôle de la Sécurité sociale" (MECSS) avait souligné la complexité du cadre juridique qui régit le dispositif et mis l'accent sur son caractère "touffu".
Suivant les cas, les conditions d'attribution, les critères diffèrent : pension de base, cumul ou non avec retraites complémentaires, nombre d'enfants, âge, ressources, dates d'application, remariage, orphelins, autant d'éléments qui sont susceptibles de modifier les caractéristiques de la pension de réversion.
Après différents rapports sur le veuvage et la réversion afin de tracer des pistes pour l'avenir, des propositions d'harmonisation du dispositif étaient attendues. Nous espérions qu'elles ne répondraient pas à une logique simplement comptable.
Les premières annonces sont malheureusement décevantes. L’augmentation du taux de la réversion assortie d’une condition d’âge et de ressources serait une régression majeure pour les fonctionnaires.
La FG-FP, avec ses partenaires du Pôle des retraités de la Fonction
publique a décidé d'organiser une démarche collective afin de sensibiliser
députés et/ou sénateurs à cette question de la réversion, sur la base d'un
document établi en commun dont les grandes lignes figurent dans cette page.
Audience(s), interpellation(s) lors de permanences, courrier(s)… il est
certain que les parlementaires entendront parler de la réversion. La session
parlementaire en cours va jusqu’à la mi-juillet... Les
réactions ne pourront pas passer inaperçues malgré la période estivale...!